Lanternes magiques

• le premier dispositif de projection d’images

La lanterne magique est la première machine servant à projeter des images. Elle aurait été inventée en 1659 par un astronome hollandais, Christiaan Huygens, qui seul a su fabriquer des lentilles d’une grande précision, indispensables à la bonne projection des images. Du théâtre d’ombres à la lanterne magique il aura donc fallu beaucoup de temps, de tâtonnements, mais surtout l’habileté de ce savant qui consacrait sa vie au mouvement des astres et des étoiles.

À l’origine peintes directement sur plaques de verre, les images des lanternes magiques sont réalisées en série au XIXe siècle à l’aide de procédés mécaniques (lithographies, photographies). Le principe étant le même que celui d’une chambre noire, où les rayons lumineux s’inversent, il faut placer l’image dans le passe-vue la tête en bas (contrairement à ce que l’on voit sur ces images : l’erreur est fréquente !).

Une lumière, installée à l’intérieur de la lanterne (aux XVIIe et XVIIIe siècles une bougie, au XIXe une lampe à pétrole, au XXe une ampoule électrique), passe par l’objectif qui contient le système optique (un condensateur et deux ou trois lentilles). L’image est ainsi projetée en grand, sur un drap blanc ou un écran.

• un support narratif fascinant

La lanterne magique a eu bien des destins : machine à faire peur et à invoquer les démons au XVIIIe siècle, instrument scientifique servant à l’observation des mondes infiniment petits ou grands (XIXe et XXe siècles), sans oublier les petites lanternes jouets très à la mode à la fin du XIXe siècle. Au début du XXe siècle elles sont largement utilisées dans les écoles : c’est un outil d’éducation idéal, pratique, efficace et – ce n’est pas la moindre de ses qualités – distrayant.

Deux séries de plaques destinées aux enfants ont été retrouvées dans le fonds de la Cinémathèque Robert-Lynen. Plus récemment, la Cinémathèque a fait l’acquisition d’autres séries de plaques et de lanternes magiques qui sont régulièrement utilisées dans le cadre des classes culturelles proposées aux élèves des classes élémentaires, mais aussi lors des séances publiques « Graines de spectateurs. »
C’est toujours une découverte incroyable pour les enfants, qui voient leurs dessins projetés en grand, lumineux, et peuvent jouer avec le mouvement des plaques : contrairement aux projecteurs de diapositives auxquels elles sont souvent comparées, les lanternes magiques permettent des effets de montages, de véritables travellings et toutes sortes de jeux de lumière, d’apparition/disparition qui en font un outil essentiel d’apprentissage du cinéma.

• « histoire(s) de lanternes »

Chaque année, la Cinémathèque organise, dans le cadre de ses classes culturelles, des ateliers « Histoire(s) de lanternes », proposés aux élèves des classes de CP et CE1. Sur le thème du conte, les enfants apprennent à analyser différents récits, puis sont invités à créer leur propre histoire qu’ils illustrent sur des plaques de verre, avant de les présenter à l’oral pendant une séance de projection. Retrouvez plus d’informations sur cette classe en visitant cette page.

 

BIBLIOGRAPHIE
• LANTERNES MAGIQUES d’Élodie Imbeau
Toute l’histoire des lanternes magiques racontée pour les 5-7 ans, dans ce livre rempli d’illustrations et de drôles d’histoires. Un petit livre incontournable et plein de magie.
Actes Sud / Cinémathèque française, 2009, 48 p.
• LANTERNE MAGIQUE ET FILM PEINT – 400 ans de cinéma
Pour les plus grands, le catalogue de l’exposition qui s’est tenue en 2009 à la Cinémathèque française permet d’approfondir sérieusement la question.
Illustré par 500 documents (plaques de verre, lanternes, films peints, affiches) ce très beau livre retrace toute l’histoire des lanternes magiques à travers les thématiques de la vie quotidienne, des voyages, des contes et légendes, de la religion, des sciences et des fantômes… Cinémathèque française / La Martinière, 2009, 336 p.

S.d.L