Photographies noir et blanc

Quelques dix milles photographies noir et blanc, positif et négatif, constituent le fonds de la Cinémathèque tous supports confondus.
Elles ont été prises entre la fin des années 1920 et 1950.

• une grande richesse thématique

Diverses thématiques sont illustrées parmi lesquelles on distingue la ville de Paris, en particulier les aménagements urbains, les constructions municipales, les rues et monuments, les établissements d’ensei­gnement professionnel, les activités des services municipaux et préfectoraux ; des pays étrangers, notamment l’Europe et les pays du Maghreb ; des matières d’enseignements scolaires (la géographie, l’histoire de l’art, et l’histoire des techniques).

Les positifs sur plaques de verre de format 8,5×10 cm étaient destinées à la projection dans les classes et mis à la disposition des enseignants au même titre que les films. Elément iconographique présent dans l’enseignement depuis les années 1890, les vues fixes sur verre tombent en désuétude avec la généralisation des diapositives sur supports souples et en couleur au début des années 1950.
Lors de l’installation de la Cinémathèque dans le bâtiment qu’elle occupe actuellement ce matériel pédagogique est remisé au grenier. Il ne sera redécouvert qu’au début des années 1990.

Le support majoritaire de ces images est le verre mais un ensemble de 904 photographies sur nitrate de cellulose a été identifié et isolé du reste de la collection en raison de son inflammabilité.

• le nitrate de cellulose ou « film flamme »

À partir des années 1890, la lourdeur et le manque de flexibilité des émulsions photographiques sur plaques de verre favorisent l’émergence de nouveaux supports plastiques qui permettent d’alléger le processus de prise de vue et d’améliorer la qualité de l’image. L’utilisation du support souple en nitrate de cellulose semble alors répondre à cette attente ; il sera aussi largement utilisé dans la production cinématographique.
L’engouement pour ce nouveau matériau est pourtant rapidement freiné en raison de son inflammabilité qui lui vaut très vite l’appellation de « film flamme ». D’une forte toxicité et d’une capacité d’auto-inflammation particulièrement dangereuse, le nitrate de cellulose peut autodéclencher son processus de combustion dés 40° ! On imagine combien cette spécificité génère de graves risques de sécurité aussi bien pour les collections qui l’environnent que pour le personnel qui s’en occupe.

Au niveau national, l’interdiction totale et définitive de ce support date de 1951, mais la Ville de Paris, particulièrement sensibilisée sur ce risque par l’action de la Cinémathèque dans les écoles, pose une réglementation stricte dès 1923 et fait établir une circulaire ministérielle en date du 22 mars 1932 qui interdit toute utilisation du film flamme dans les écoles. Les opérateurs de la Cinémathèque ont donc privilégié jusqu’à la fin des années 1930 les prises de vue sur support verre.

reconditionnement et numérisation du fonds

Pour répondre aux questions de conservation préventive spécifiquement posées par ce support, la Ville de Paris a mis en place, depuis 2002, un « plan nitrate » (voir sur le site Paris.fr) qui recense et fait état de tous les fonds municipaux dans l’optique de les rassembler dans des locaux parfaitement adaptés à leur conservation.
Un travail de reconditionnement, d’indexation et un plan de numérisation ont ainsi été réalisés sur le fonds de la cinémathèque Robert-Lynen afin d’identifier et d’archiver chaque négatif dans la base de données. Ce fonds recouvre un panel de thématiques dont le dénominateur commun est surtout la ville de Paris (pour plus de 50%) : quartier et rues, écoles professionnelles, diverses structures de la capitale mais aussi des images du Sud de la France, de la Norvège, de l’Algérie, de la Tunisie ou de la Grèce.

A.C.

• [ zoom sur ] les foyers d’accueil des travailleurs nord-africains

Foyer nord-africain, 6 rue Lecomte, Anonyme, Paris, [autour de 1930] , Collection Cinémathèque Robert-Lynen, Ville de Paris.

Les négatifs présentés ici sont extraits d’une courte série de 14 clichés concernant les foyers d’accueil des travailleurs nord-africains à Paris et en région parisienne dans les années 1930. Bien que l’auteur ne soit pas identifié et qu’il soit encore difficile de les dater avec exactitude, ces photographies représentent une source d’informations précieuse sur la politique de la Ville de Paris et sur les modalités d’accueil des travailleurs étrangers ainsi que sur leur vie quotidienne au sein des foyers.
Préserver les photographies qui témoignent d’un temps passé – et de fait mettent en perspective notre époque – constitue l’une des missions à laquelle la cinémathèque Robert-Lynen reste fortement attachée.

Découvrez très bientôt d’autres photographies de notre collection en visitant le portfolio en ligne.

M. G.